Objets et missions du syndicalisme

Le syndicalisme s’inscrit dans la diversité mais aussi dans le vaste mouvement mutualiste qui s’est formé de la volonté des hommes à s’unir et à se défendre collectivement.

Les syndicats professionnels français tirent leur existence légale de la loi du 21 mars 1884 qui leur assigne un objet aujourd’hui ainsi libellé :

« Les syndicats professionnels ont exclusivement pour objet l’étude et la défense des droits ainsi que des intérêts matériels et moraux, tant collectifs qu’individuels, des personnes visées par leurs statuts. » (art. L.41 1 -1 du Code du Travail).

Le syndicalisme agricole a fait siennes deux fonctions essentielles qui constituent le lot commun de tout syndicat professionnel, à savoir la représentation et la revendication.

A ces deux fonctions, exercées avec originalité, le syndicalisme a ajouté l’idée de progrès qu’il entend diffuser dans des domaines très divers. Prodondément ancré dans la culture paysanne du Cantal, le syndicalisme s’adapte aux évolutions du métier d’agriculteur et à la société.

Jusqu’à la fin du XIX » siècle, l’agriculture était représentée auprès de son environnement, et notamment auprès des pouvoirs publics, par des notables le plus souvent dévoués mais éloignés des réalités de la terre.

L’ère du syndicalisme agricole marque la fin des hobereaux et l’irruption des paysans authentiques dans la gestion de leurs intérêts.

L’article 8 des statuts de la FDSEA du Cantal assigne à cette dernière la mission de « représenter les intérêts de la profession agricole » et. notamment « de faciliter la défense des intérêts agricoles auprès des autorités publiques départementales par la centralisation et la transmission des voeux et pétitions. »

Le nombre des groupes, commissions, instances et organismes divers où la FDSEA est représentée par les membres de son Bureau avoisine les 50.

La représentation ne se limite d’ailleurs pas à assurer un mandat syndical auprès des pouvoirs publics ou de tout autre tiers. Représenter un groupe social, en l’occurrence les agriculteurs, suppose également que la Fédération exprime fidèlement les aspirations de ses membres, et les formulent en de claires revendications.

La revendication syndicale consiste à traduire dans les faits des propositions ou des réclamations exprimées par un groupe social en les imposant par des formes d’actions appropriées.

La grève ou ce qui s’en approche ne constituant pas un moyen de lutte adapté, les syndicats agricoles ont privilégié des formes d’action graduées : simples pressions de type lobbying, actions d’éclat à grande portée médiatique, actions de masse telles que la manifestation du 23 mars 1982 à Pantin.

Mais si le syndicat est un instrument de lutte, une arme de combat, il s’est également imposé comme un moyen de régulation sociale et de promotion du métier auprés des citoyens. Cette dimension du syndicalisme n’avait pas échappé aux instigateurs de la Loi WaldeckRousseau, parmi lesquels figuraient des chefs d’entreprises qui ne cachaient pas leurs opinions :

« On ne s’entend pas, on ne contracte pas, on ne transige pas avec une foule, pas même avec cent personnes, et pourtant la vie économique n’est qu’une série de conventions et de tractations. Un nouvel élément est donc nécessaire et cet élément, c’est l’organisation du travail, c’est-à-dire l’organisation de la production; c’est l’association professionnelle libre, ouverte, se constituant suivant les affinités, les besoins, les intérêts du moment. »

(Déposition du 23 novembre 1883 devant la Commission Sénatoriale).

« Le syndicat suffit à tout » écrivait un militant syndical de la première heure pour exprimer le caractère englobant du syndicalisme naissant.
Cependant, peu de temps après sa création, le syndicalisme français dans son ensemble se détache des activités pouvant relever de la coopération, de la mutualité ou du crédit mutuel.

Même s’il est noté dans les statuts de la FDSEA du Cantal qu’elle a notamment pour but :

  • de provoquer tous les progrès techniques et de favoriser des essais de culture, d’engrais, de semences, d’expérimenter les instruments perfectionnés et tous autres moyens propres à faciliter le travail, augmenter la production, diminuer le prix de revient.
  • de favoriser l’enseignement et l’apprentissage agricoles et de les vulgariser par des conférences et tous autres moyens qui seront reconnus utiles.
  • d’apporter à ses membres une assistance pratique dans le domaine de la gestion des exploitations agricoles, notamment sur le plan technique, économique et fiscal.

La FDSEA du Cantal concentre ses missions autour de l’organisation des services rendus par les organisations professionnelles du département, évitant ainsi les concurrences et les doublons, néfastes et coûteux pour les agriculteurs.

Le syndicalisme s’est construit comme un contrepouvoir. Le syndicalisme agricole, tout en exerçant son pouvoir de compensation s’est attaché à promouvoir l’organisation de l’agriculture dans son ensemble. Ce n’est pas la moindre de ses originalités.
La lecture des statuts de la FDSEA du Cantal est là aussi explicite.

Celle-ci se propose :

d’envisager la création de nouveaux syndicats et d’en faciliter les débuts ;
de préparer, encourager, soutenir la création d’institutions économiques telles que : Sociétés, Coopératives de production, de transformation et de vente, Caisse d’Assurances Mutuelles, Sociétés de Secours Mutuel contre la Maladie, Caisse de Retraite pour la Vieillesse, Assurances contre les accidents, Offices de renseignements pour les offres et les demandes de produits, d’engrais animaux, de semences, de machines, etc.

Au cours de ses 50 années d’existence, la FDSEA du Cantal a suscité de nombreuses entités économiques ouvrant aux producteurs de nouvelles filières donc de nouveaux débouchés. Ainsi, la CALARA (Coopérative laitière et d’approvisionnement adhérente à l’union de coopérative Centrelait), est-elle issue des syndicats locaux de châtaigneraie. De la même façon, et plus récemment, la fédération départementale des groupements d’employeurs ou le fédération départementale des maisons familiales et rurales émanent d’une volonté syndicale.

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