Nos valeurs
|

|
La doctrine du syndicalisme
agricole
|
Dans son action quotidienne, le
syndicalisme ne peut s'en remettre au hasard ou aux idées à
la mode. Il doit s'appuyer sur une doctrine, c'est-à-dire sur une
vision de l'homme et de la société.
|

|
Les valeurs de référence
|
En dépit des antagonistes
passés et malgré la diversité des sensibilités qui le traversent, le
syndicalisme agricole a constitué au cours du temps un corpus de valeurs
quasiment intangibles. Celles-ci sont ordonnées autour d'une vision humaniste
qui affirme la prééminence de la personne humaine et vise son
épanouissement.
|

|
Responsabilité individuelle
|
L'appel à la responsabilité
individuelle vise à exprimer le potentiel que recèle chaque individu, et à
promouvoir l'efficacité économique dans le secteur de la production
agricole.
|

|
Responsabilité collective
|
En créant des organisations
mutualistes dans le prolongement de leurs exploitations et en gardant la
maîtrise de ces outils, les agriculteurs restent fidèles à l'esprit de
responsabilité qui les anime tout en dessinant un environnement performant pour
leurs exploitations.
|

|
Démocratie socio-économique
|
Le principe "un homme une
voix " et la volonté de créer un secteur d'activité "sans but lucratif", ont
introduit une vision de l'homme et du monde éloignée des pratiques
contemporaines.
|

|
Indépendance à l'égard de toute
obédience
|
Le syndicalisme français
s'est dégagé de toute obédience politique, confessionnelle ou autres. C'est le
résultat d'un combat qui a culminé en 1946, à l'occasion du premier congrès de
la FNSEA, lorsqu'il a été décidé que le mandat syndical et le mandat politique
étaient incompatibles.
|

|
Liberté |
En se référant à cette
valeur cardinale, le syndicalisme agricole exprime son attachement à la liberté
d'entreprendre et à l'économie de marché. Mais si l'étatisme absolu a toujours
été réfuté, le libéralisme intégral l'est autant. Dans sa relation avec les
pouvoirs publics, la Profession agricole s'est engagée depuis trois décennies
vers une cogestion qui ménage les responsabilités de chacun. Quant à l'économie
de marché, si le principe en est admis, c'est sous réserve d'en contrôler les
termes afin de soustraire les paysans aux fluctuations pernicieuses du
marché.
|

|
Solidarité |
Ce principe est inséparable
de l'idée syndicale. Son exercice définit la nature. du comportement mutualiste.
En cela, il s'oppose à tout comportement marchand. Concrètement, la solidarité
prend des formes diverses : entraide intra-communale, bénévolat des
responsables, soutien de la Fédération à l'adhérent quel que soit le montant de
sa cotisation, actions à résonance sociale . Dans une société et dans une
agriculture en crise, cette valeur prête à discussion. Mais il n'y a pas de
syndicalisme sans solidarité.
|

|
Équité |
Cette valeur fondamentale,
indissociable des précédentes, traduit le même intérêt porté à chaque individu,
à chaque dossier quelles qu'en soient la personnalité et les
caractéristiques.
|

|
L'héritage de la tradition
|
Le système de valeur propre
au syndicalisme agricole s'est enrichi au cours du temps de la tradition
syndicale qui participe, elle aussi, à la doctrine.
|

|
La visée universaliste du syndicalisme
agricole
|
Cette ambition
universaliste, nourrie par une vision de l'homme, le syndicalisme agricole la
pérennise en gardant un champ d'intervention suffisamment ouvert et en exerçant
au sein de la profession agricole le leadership qui lui est dévolu.
Le
domaine d'influence du syndicalisme agricole a été soigneusement balisé : en
deçà d'une certaine borne, se profile le piège du corporatisme qui est à
l'opposé d'une vision tonifiante de la profession agricole et du rôle dynamique
que celle-ci joue dans l'économie, la société et l'espace. Au-delà d'une autre
borne, le champ du syndicalisme risque de s'immiscer au terrain des
"politiques."
Quant au rôle central joué par le syndicalisme à vocation
générale dans le concert des organisations agricoles, il se justifie par le
caractère englobant du syndicalisme agricole.
Celui-ci est le seul à embrasser
toutes les dimensions du métier d'agriculteur. Il est donc fondé à rassembler et
à coordonner toutes les familles de la Profession agricole dans le but d'engager
une politique d'avenir pour les agriculteurs.
|

|
Une unité syndicale ménageant le
pluralisme
|
Le syndicalisme
ouvrier a perdu dans les années vingt de ce siècle l'unité syndicale qu'il avait
forgée en 1895. Le syndicalisme agricole a poursuivi un cheminement opposé:
outrageusement partagé à son origine suivant les lignes de clivages politiques
de l'époque, il a conquis un demi-siècle après une unité syndicale qui a été
symboliquement scellée en 1946, à l'occasion du premier congrès de la FNSEA,
lorsque le président Eugène
Forget demanda solennellement à l'assistance de faire le serment de l'unité
paysanne.
L'unité
syndicale' ne pouvait être maintenue qu'à la double condition de,ne pas déroger
à la règle de la séparation des pouvoirs politiques et syndicaux et de ne pas
brimer au sein de l'institution les courants de pensée se distinguant de
l'opinion dominante.
Aux esprits qui
prônent le pluralisme syndical comme une évolution logique du syndicalisme,
Pierre Rosanvallon dans " La question syndicale " fait observer que le
pluralisme syndical n'existe que dans un petit nombre de pays soumis à de vifs
conflits politiques ou religieux. Les pays latins (France, Italie, Espagne) sont
du nombre à cause de l'influence communiste, de même que la Belgique et les
Pays-Bas pour des motifs confessionnels.
|

|
La cogestion à la française
|
A la différence des
syndicats ouvriers, le syndicalisme agricole s'est assigné la tâche d'organiser
l'agriculture en suscitant, si nécessaire, l'arbitrage de l'État en sa faveur.
Le moment s'y prêtant, la coopération entre l'État et la Profession agricole a
culminé en France au moment de l'adoption des lois d'orientation de 1960 et
1962. Ayant reconnu dans le CNJA le partenaire qu'il cherchait, Michel Debré,
Premier ministre, puis Edgar Pisani, ministre de l'Agriculture, firent leurs les
propositions de l'aile moderniste du syndicalisme.
La cogestion Pouvoirs
Publics Profession bénéficia d'une nouvelle impulsion sous le gouvernement de
Jacques Chaban-Delmas qui accepta l'institution d'une conférence annuelle selon
le modèle anglais de l'annual review.
La
cogestion instaurée dans le domaine agricole traduit la volonté de la Profession
agricole de prendre en charge son destin en orientant ou en infléchissant la
politique agricole. Pour réussir, cette concertation demande des partenaires
loyaux, conscients de leurs responsabilités respectives et un syndicalisme
imaginatif, constructif, convaincant. Le syndicalisme est souvent apparu comme
une " boîte à idées " riche de potentialités. Sa créativité ne doit pas
fléchir.
|

|
L'action de masse et l'entraînement d'un
milieu
|
Le syndicalisme tire sa
force du nombre et il se légitime par sa capacité à entraîner le milieu
agricole. Faire progresser le plus grand nombre d'agriculteurs vers un avenir
professionnel assuré, telle a été son idée-force. Cette conception est certes à
l'opposé de l'élitisme, mais elle n'équivaut pas à un nivellement par le bas.
Ainsi, la FDSEA du Cantal, en fondant par exemple les premiers groupes de
vulgarisation dans les années cinquante, a proposé à ses adhérents un conseil
technique que seuls quelques agriculteurs de pointe ont su saisir. Mais les
progrès enregistrés à cette occasion sont diffusés au bénéfice du plus grand
nombre, ce qui a contribué et contribue encore à forger une agriculture
Cantalienne riche de ses Hommes et de ses idées. D'autres actions pointus, tels
que la formation permanente, la micro-informatique à la ferme, etc., sont lancés
en lien avec les organisations professionnelles agricoles avec le même
parti.
|

|
L'agriculture de métier et l'excellence
professionnelle
|
L'agriculture a
vocation à nourrir les hommes et à occuper l'espace; deux missions éminentes que
la société a dévolues aux agriculteurs. Poussés après guerre par un contexte de
pénurie, ces derniers ont démontré leur excellence professionnelle.
En privilégiant l'agriculture de métier contre
l'agriculture de subsistance, la Profession agricole s'est engagée dans la voie
de la modernisation, de l'efficacité économique, de l'intégration à l'économie
et aux marchés. Elle entend retirer de son effort productif un revenu et non une
prebande.
|

|
L'auto-arbitrage |
Du fait de son caractère
unitaire et de la dimension de son champ de visée, le syndicalisme agricole fait
face en permanence à des choix difficiles à réaliser. Défendre tous les
agriculteurs, toutes les productions agricoles, toutes les régions, qui à un
moment ou à un autre ont des intérêts particuliers contradictoires, requiert une
capacité d'auto-arbitrage indéfectible. Le syndicalisme agricole a su s'arbitrer
lui-même. C'est un point fort et une qualité à cultiver.