Projet AGRICOLE
départemental
Pour une agriculture à taille humaine
1er Objectif : Le Choix des Hommes
Priorité à
l'installation et aux petites exploitations
Maintenir un maximum
d'actifs agricoles sur les exploitations, mettre l'économie au service des
hommes : c'est le premier objectif du projet départemental, qui donne la
priorité à l'installation et aux petites exploitations dans l'accès au foncier
et aux droits à produire.
L'une des spécificités du
département, c'est que l'agriculture emploie 20 % de sa population active contre
4 % seulement au plan national. Elle occupe donc une place prédominante dans
l'économie départementale.
On dénombre 7 400
exploitations, dont 6 400 à temps complet. Au total, 25 700 personnes, soit 16 %
de la population départementale, vivent sur des exploitations
agricoles.
Depuis 1973, 4 200 jeunes
agriculteurs se sont installés, soit une moyenne de 110 installations par an. Le
Cantal se place ainsi parmi les tous premiers de France, avec un taux de
renouvellement de 3,2 %, nettement supérieur à la moyenne régionale (2,1 %) et
nationale (1,8 %).
Mais le contexte
démographique et économique est difficile.
Le contexte
démographique : la population agricole continue à décroître et à
vieillir. Le nombre de naissances dans les familles d'agriculteurs baisse depuis
1975 (865 en 1965, 286 en 1987), si bien que, dans un avenir proche, le
renouvellement du potentiel humain devra faire appel au milieu non
agricole.
Le contexte
économique : l'éloignement des centres de consommation, le
désenclavement encore insuffisant, l'altitude, constituent des handicaps
importants. De plus, la faiblesse des revenus disponibles dans les exploitations
d'élevage entraîne la disparition de celles des plus petites dimensions et
détourne les jeunes du métier d'agriculteur.
L'objectif du projet est
d'assurer le maintien de la population active agricole, faire en sorte que
l'agriculture continue à créer des emplois. Il est prévu pour cela de faciliter
les installations progressives, mais aussi d'attirer des jeunes extérieurs au
milieu agricole vers le métier d'agriculteur.
Pour y parvenir, le projet
s'appuie sur un choix fondamental qui est celui du partage des moyens de
production :
Donner la priorité
aux jeunes dans l'attribution des
terres devenues disponibles suite aux départs en retraite, et dans l'attribution
des droits à primes ou à produire, de façon à leur permettre de constituer pour
leur exploitation une base économique minimum à partir de lauqelle ils pourront
développer un véritable projet ;
Consolider les
exploitations de petite dimension en les
rendant également prioritaires pour l'attribution des terres et des droits à
produire.
2ème Objectif : La gestion du
territoire
Des
agriculteurs répartis sur tout le département
Si on laisse faire, les
hommes et les productions vont peu à peu se concentrer sur les parties du
territoire départemental les plus intéressantes pour l'agriculture. Eviter les
délocalisations des productions, lutter contre l'agrandissement irraisonné, et
moduler les aides : c'est le deuxième axe du projet départemental.
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· Le
projet : occuper tout le territoire :
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Le projet vise à assurer la
répartition des agriculteurs sur l'ensemble du territoire départemental pour que
l'agriculture garde sa vocation d'occupation et d'entretien de l'espace et
contribue ainsi à maintenir des paysages de qualité, vivants et entretenus.
Comment ?
En évitant d'abord
toute délocalisation de production : utiliser les droits à
prime comme outil d'aménagement du territoire, en faisant en sorte de maintenir
dans chaque canton les droits à produire existants.
En modulant les
aides pour tenir compte des handicaps spécifiques de certaines
zones par rapport à d'autres, en particulier la D.J.A., les aides aux bâtiments
d'élevage et l'indemnité spéciale montagne. Parallèlement, le projet préconise
d'affecter en priorité à ces zones les mesures agri-environnementales et du
fonds de gestion de l'espace rural.
3ème Objectif : Les produits
Améliorer la valeur ajoutée et développer de nouvelles
activités
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· Le
projet : valoriser et diversifier :
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Accroître la valeur ajoutée
des productions traditionnelles et développer de nouvelles activités suppose
d'abord d'engager un mécanisme de respécialisation des exploitations mixtes, en
leur donnant la possibilité, au travers d'échanges entre droits à produire et
droits à primes, de se spécialiser soit sur l'élevage allaitant, soit sur la
production laitière.
Cultiver la valeur
ajoutée des productions :
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En viande
bovine : améliorer la
finition et la qualité des produits, en s'appuyant sur la charte départementale
de l'élevage et les races à forte image. Rationaliser les outils
d'abattage.
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En production
laitière : mettre en place une
interprofession départementale pour organiser les marchés et une grille
départementale du paiement du lait àla qualité. Donner aux
producteurs, dans un département où la moitié du lait produit est transformé en
fromage A.O.C., la possibilité de choisir entre un lait de montagne standard et
un "lait A.O.C." mieux rémunéré mais correspondant à un cahier des charges
strict. Suspendre l'attribution de quotas laitiers supplémentaires lorsque la
qualité du lait produit est trop mauvaise.
Développer de
nouvelles activités : les productions
diversifiées devront en 2015 représenter le quart du revenu global des
agriculteurs cantaliens, affirme le projet départemental. La volonté
d'encourager le développement de productions non contingentées se traduit dans
le projet par la non prise en compte des activités complémentaires dans le
calcul des droits à produire.
Il s'agira de trouver les
moyens d'encourager et d'accompagner les productions de niches basées sur des
circuits courts, et des productions organisées (bovins finis, porcs, moutons,
lapins, agro-tourisme, transformation de produits fermiers, agriculture
biologique, sylviculture...).